Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:13

JacquesJEANTEURAprès tant d’années d’inconscience à gauche comme à droite, voici enfin le temps de la rigueur, seule espérance possible pour éviter le cataclysme. François Fillon a annoncé le gel sur 3 ans des dépenses publiques, la suppression de certaines niches fiscales et l’Europe semble comprendre enfin qu’il faut des règles communes pour vivre ensemble. Depuis le gouvernement de Raymond Barre de 1986 à 1991, les présidents Mitterand, Chirac et Sarkozy ont tous choisi le laisser-aller. Au niveau des collectivités locales, le même scénario s’est reproduit. L’endettement a grimpé fortement quelque soit le parti au pouvoir et les frais de fonctionnement se sont emballés.

            Au niveau de l’Etat, la gauche a distribué sans compter : retraite à 60 ans, 35 heures… et la droite a aussi distribué mais sélectivement. Dans les deux cas, on a joué sur la dette pour distribuer des avantages. Alors que la dette est colossale, on voudrait nous faire croire que le mot rigueur ne doit pas être prononcé. Comme le dit François Ernenwein dans « La Croix » : « A vrai dire, la nécessité d’agir n’est plus discutée. C’est l’urgence des mesures à prendre qui fait désormais débat. Et le retard pris face à la crise grecque l’a aggravée…Mettre de la rigueur, au sens rigoureux du mot, là où elle avait fini par manquer, devrait suffire pour parer à l’urgence. Après, les réformes pourront commencer à se déployer dans leur totalité. Pour qu’elles soient efficaces, il faut qu’elles soient équitables, accompagnées d’un contrôle renforcé des marchés financiers et d’une politique des revenus cohérente. » Les réactions de plusieurs leaders socialistes et de certains responsables syndicaux sont inquiétantes. Le problème n’est plus de distribuer à crédit dans l’espoir d’une hypothétique croissance. Chirac était le spécialiste des budgets en hausse tablant sur des taux de croissance irréalistes. La croissance ne se décrète pas. Elle se mérite. Aujourd’hui, la situation nous impose de remettre en cause les avantages acquis sur le dos des générations futures au travers de la dette. Il faut à la fois travailler plus par semaine et travailler plus longtemps. Nous avons la chance de vivre beaucoup plus longtemps, ce n’est donc pas dramatique de travailler autant que nos parents. Avant tout, il faut que les efforts soient répartis. Le bouclier fiscal doit être supprimé dans les plus brefs délais. Il faut également que l’Europe se dote au plus vite d’une politique économique et financière commune. L’heure du fédéralisme a enfin sonné. Le repli sur soi est toujours cause de drames. Il faut que François Fillon ne cache pas cette nécessité de rigueur durable. Il avait eu le courage de dire en septembre 2007 : « La France est un pays riche qui heureusement a des ressources qui lui permettent de faire face à l’avenir, mais l’Etat est dans une situation critique. » François Fillon a une approche barriste de la gestion d’un pays et j’apprécie son courage. Il n’a pas encore été libre de redresser le pays, car Nicolas Sarkozy a préféré la fuite en avant à la rigueur. Le fait que ce soit François Fillon qui soit en charge du plan de rigueur permet de retrouver un peu confiance dans ceux qui nous dirigent. Espérons que notre Président saura écouter enfin son premier ministre et qu’il aura l’humilité nécessaire pour ne pas donner de leçons aux autres, en oubliant de regarder l’état du pays qu’il dirige de manière ultra personnelle depuis 3 ans.

Il convient de rappeler que de 1978 à 1981, sous Raymond Barre, la dette était stabilisée à 22% du PIB. Elle est passée à 66% en 2006. Sur la période 1981-2006, la gauche a été 15 ans au pouvoir et a augmenté la dette de 1,1 point de PIB en moyenne par an. La droite a été au pouvoir pendant 10 ans et a augmenté la dette de 2,8 points de PIB en moyenne par an. En 2010, la dette devrait atteindre 83,6% du PIB, alors que les critères de Maastricht ont mis le seuil à 60% du PIB.  On voit à ces chiffres que le mot rigueur n’est pas exagéré. Plus nous tarderons à le prononcer, plus elle sera longue et forte.

 

                                                                       Jacques JEANTEUR

                                                                     Président du  Mouvement  Démocrate Ardennes

Partager cet article
Repost0

commentaires

Le Blog D'olivier Laurant

  • : Le blog d'Olivier Laurant - Centriste Ardennais
  • : Billets d'humeur d'un Centriste libre.
  • Contact

Recherche