Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 20:01

Draperi JFReçu par mail il y a quelques jours, je vous livre in extenso la réponse de Jean-François Draperi à l'article que j'avais écris suite à son intervention au Conseil Régional. Comme le dit justement ce dernier, je revendique la liberté de parole, en voici la preuve ! :

 

"Cher Monsieur,

  
Vous n'avez pas aimé mon intervention au Conseil régional C.A. et je vous comprends, je n'interviens pas dans le but d'être apprécié par chacun.
Votre blog dit que vous avez la parole libre, nous partageons au moins ce point : je ne vis pas de mes interventions, je ne les oriente pas pour faire plaisir comme le font la quasi-totalité des consultants qui prononcent les discours bien pensant que souhaitent entendre leur commanditaire (ou qui répètent les concepts à la mode dans les grandes écoles 15 ans après leur émergence aux EU).
  
Mais si je me permets de vous écrire, c'est parce que j'ai le sentiment soit de m'être mal exprimé, soit d'avoir mal été compris (sans doute un peu les deux).
 
Permettez-moi de préciser quelques points.
 
Mon discours n'est en rien "révolutionnaire", il est radical certes mais réformiste et ne propose que des solutions constructives par la création d'activités et d'emplois.
Mais je crois effectivement que notre système économique mène nos sociétés à une catastrophe : regardez la Grèce, le Portugal, et en France, l'un des pays les plus riches du monde, l'évoution du système de santé -des hôpitaux- du système éducatif, des services sociaux, des services bancaires, de l'assurance, l'agriculture, la situation des TPE.  Faut-il poursuivre dans cette voie ?
 
Vous ne l'ignorez pas, des intellectuels de droite (E.Pisani par exemple) comme de gauche, des économistes, des sociologues (E.Morin) comme des physiciens (H.Reeves), des généticiens (A.Jacquard), des prix Nobel (Stiglitz, Ostrom, le GIEC), écrivent en vue de prévenir cette catastrophe. Si la prévenir ne suffit pas pour l'éviter, je ne souhaite pas être de ceux qui auront mis la tête dans le sable pour ne pas la voir. Mon propos consiste simplement à dire que nous devons changer notre rapport à l'économie et à la nature... et on peut le faire en créant de l'activité et des emplois, évidemment ! (Regardez : les Amap permettent à des agriculteurs de vivre sur 3 ha alors que l'agriculture traditionnelle exige 60 ou 80 ha de terres comparables. Dans l'industrie et les services, si les mutlinationales - qui perdent des emplois- ne coulaient pas systèmatiquement les PME innovantes, l'économie française disposerait d'un tissu économique solide et attaché aux territoires, etc. )
 
Vous me considérez comme un universitaire bon teint, perdu dans sa bulle révolutionnaire. Cette appréciation ne correspond pas du tout à mon profil ni à mon actiivté. Je ne suis pas à l'université, je travaille en formation continue exclusivement avec des professionnels, sur des fonds provenant des entreprises et des OPCA. J'ai travaillé 15 années dans le privé avant d'intégrer le Cnam et je dirige un centre de formation qui crée des emplois en autofinancement.
 
Pour autant je ne critique pas la théorie : l'opposition entre le discours théorique et le discours pragmatique est une impasse dans la simple mesure où ce sont les théories innovantes qui de tous temps ont permis aux sociétés de progresser, particulièrement dans les moments difficiles.
Pourquoi ne laissez-vous pas à ceux qui prennent le risque de tenter de les produire le droit de se tromper ? Je suis preneur d'échange et de propositions.   
 
Enfin, je pense que vous l'ignorez, mais un de mes travaux a nourri les lignes que le Modem a rédigé sur l'économie sociale (je crois même qu'il en est à l'origine) et je crois que vous ne les renieriez pas.
 
Vous remerciant de votre attention, je vous prie d'agréer, cher Monsieur, mes salutations les plus cordiales et respectueuses, 
 
Jean-François Draperi"
Repost 0
Published by Olivier LAURANT - dans Insertion professionnelle
commenter cet article
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:06

Draperi_JF.jpgJean-François Draperi, universitaire bon teint, théoricien de l'Economie Sociale et Solidaire, bardé de diplôme autant que moi de points noirs, aux plus belles heures de mon acné juvénile !

Jeudi dernier, lors de la restitution des propositions de travail faites par les hommes de terrain des quatre départements travaillant dans le secteur de l'Economie Sociale et Solidaire Champardennaise, la séance s'est cloturée par deux "mini-conférences" d'intervenants.

Le premier descendait de son plateau Limousin des mille vâches pour nous expliquer et nous narrer son expérience de terrain l'ayant conduit à créer une entreprise sociale de 23 salariés dans un patelin qui compte deux fois plus de vaches que d'habitants. Assez intérressant.

Le second intervenant était Jean-François Draperi.

L'universitaire dans toute sa splendeur. Tenue vestimentaire du style "j'emmerde la société de consommation" mais imbus de sa personne au plus haut point.

En totale contradiction avec mes convictions profondes qui sont que l'Economie Sociale n'est que la reconstitution du capitalisme à papa sous une autre forme et qu'elle forme un complément formidable au Capitalisme de production et une alternative forte au Capitalisme financier, celui-ci s'est appliqué, en plein hémicycle du Conseil Régional, à nous expliquer par le menu que les capitalistes étaient tous des pourris avides d'argent et sans aucun autre but que de fermer l'usine où il exploitent de misérables salariés. Il s'est appliqué à mettre dans le même bain l'entrepreneur local qui vit, prospère mais, également souffre et disparait avec ses salariés, avec le fond de pension étranger qui n'a d'autres finalité que de tirer les subsides nécessaires au versement des pensions de ses affiliés.

 

Ne reculant devant aucun ridicule, Jean-François Draperi, en bon extrémiste, a parlé avec conviction d'alternative au système économique en place en regrettant les tentatives avortées des Fournier et autre Marx ou Engels; Pathétique, pathétique que l'on puisse inviter des personnes comme celles-ci pour enrégimenter d'autres, qui, elles, n'ont d'autres soucis que de fondre leurs structures d'économie sociale dans le paysage économique de leur bassin d'emploi.

 

L'intervention de cet homme m'a désolé et je n'étais pas le seul dans la salle à me demander si je ne rêvais pas. Laissez-le écrire des livres ,rester dans sa bulle révolutionnaire mais ne nous demandez plus d'écouter cela alors même que notre souci, lui, est réel et concret, former et trouver du travail pour des salariés en mal de projets professionnels.

 

Michèle Severs, de la CRESCA, et les quelques élus du Conseil régional, ont eu l'air de gouter la théorie du grand Soir de Jean-François Draperi. Tant mieux pour eux. Reste qu'il serait préférable que les acteurs économiques majeurs de la Région ne sachent pas trop qui on applaudit, et surtout quelle théorie économique on encourage au siège du Conseil Régional.

A suivre...

Repost 0
Published by Olivier LAURANT - dans Insertion professionnelle
commenter cet article
30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 12:36

olivierVoilà la question que j'ai posé à 15 reprises il y a huit jours lors d'un comité de recrutement que je présidais dans le cadre de mes fonctions professionnelles.

Cette question, je l'ai posé à des femmes de 20 à 50 ans, toutes en échec pour retrouver un emploi. Titulaires au minimum d'un CAP, la plupart d'entre elles avait un bac pro et même, pour plusieurs, un BTS ou un niveau licence...

 

J'ai été marqué par leur réponse unanime et trés spontanée. Ma question, naturelle au départ, m'a même semblé incongrue à la fin. Toutes ne voyaient absolument aucune objection à travailler le dimanche et étaient toutes partantes, sans réserve.

 

Leur problème, ce n'est pas de travailler le dimanche, c'est de ne pas travailler du tout ! Elles me répondaient chacune à leur tour avec un naturel désarmant en balayant d'un revers ma question pour me réaffirmer haut et fort leur rêve : trouver un travail.

 

Pendant cette série d'entretiens, je me suis dit qu'il serait tout de même urgent que la classe politique descende un peu plus sur le terrain pour voir et entendre ces personnes à la place desquelles on voudrait décider ce qui est bien ou mal pour eux.

 

Le travail le dimanche, c'est un faux problème. Le vrai problème, c'est de ne rien faire, de ne plus avoir confiance en soi, c'est d'éclater en sanglot comme l'a fait l'une d'entre elle la semaine dernière à force de désespérer de ne jamais trouver un emploi et une reconnaissance sociale : dimanche ou en semaine.

 

Pour finir, nous avons embauché quatre d'entre elles et celle qui nous semblait si désespérée, nous l'avons orienté vers un atelier de redynamisation, antichambre de notre chantier dans lequel je lui ai promis une place dès qu'elle serait remise en forme.

Promis, elle pourra retrouver sa fierté, ... même le dimanche !

A suivre...

 

Repost 0
Published by Olivier LAURANT - dans Insertion professionnelle
commenter cet article
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 05:51

IMG 1667Dans quelques jours, cela fera un an que j'oeuvre en tant que directeur d'une structure d'insertion professionnelle Ardennaise. Forte de seize postes en insertion pour un effectif total de vingt et un salariés, l'association du Fort et de la Batterie des Ayvelles offre l'opportunité unique pour des bénéficiaires du Rsa, parfois en rupture de ban avec la société, de reprendre pied dans la vie active.

Issu d'une association à vocation non sociale, l'Afba a fait un point fort d'un handicap initial. Ici, pas de pleurnicheries, pas de compassions inutiles, nous demandons du travail, des efforts et de la volonté pour parvenir au bout du projet professionnel déterminé à l'entrée dans notre structure. Résultats, un taux de sorties dynamiques (retour vers l'emploi durable ou une formation professionnelle) exceptionnel pour le département des Ardennes.

Le métier est passionnant pour un profil comme le mien, issu de 17 années de secteur privé, connaissant parfaitement les exigences du monde du travail et les critères d'embauche des employeurs.

 

Mais il y un "mais". Ce "mais", c'est le monceau de paperasses et de justificatifs exigé par toutes les institutions. La quantité est telle que l'on découvre jour après jour que, si l'on n'y prend pas garde, on passerait bientôt plus de temps à gratter du papier pour justifier de ce que l'on a plus le temps de faire, plutôt que de s'occuper des postes en insertion que l'on nous a confié ! Un vrai délire de formalités pour justifier nombre de postes dans les administrations dont on se demande parfois en quoi ils sont si utiles à faire avancer la cause ...

 

Pour l'instant, le challenge est plus fort que ces tracasseries mais, tout de même, je commence à comprendre le gouffre d'incompréhension qui sépare parfois le privé du public.

Combien de temps avant qu'ils ne m'épuisent en réunions inutiles qui succèderont aux paperasses qui ne le sont pas moins. A suivre !!! 

Repost 0
Published by Olivier LAURANT - dans Insertion professionnelle
commenter cet article

Le Blog D'olivier Laurant

  • : Le blog d'Olivier Laurant - Centriste Ardennais
  • Le blog d'Olivier Laurant - Centriste Ardennais
  • : Billets d'humeur d'un Centriste libre.
  • Contact

Recherche